La baie du Mont-Saint-Michel, d’une surface totale de 500 km2, se situe entre la Bretagne et la péninsule normande du Cotentin. Classée patrimoine mondial de l’UNESCO, elle est reconnue pour sa chasse du gibier d’eau. En effet, durant la période hivernale, elle n’abrite pas moins de 55 000 limicoles et 15 000 anatidés chaque année.

En France, nous sommes 1,2 millions de chasseurs. 14 % d’entre eux chassent le gibier d’eau (3 % en gabion/hutteau/tonne et 11 % à la passée ou à la botte). C’est donc une pratique peu représentée, mais qui se retrouve partout sur le territoire français, notamment le long des côtes…

Quels modes de chasse peut-on pratiquer ? Eh bien, pas mal ! La chasse au cœur de la baie est une tradition profondément ancrée dans la culture locale de la région et révèle ainsi une diversité d’activités cynégétiques.

Gabion (ou tonne)

Elle se réalise de nuit comme de jour dans un espace confiné avec un espace appelé guignette pour tirer. Il y a généralement une chambre de tir et une salle de repos avec la cuisine. Autour de cette installation, une mare afin de poser ses appelants et attirer les migrateurs à la pose. Cette pratique demande beaucoup de disponibilité et de préparation. Elle cible exclusivement les anatidés (rares sont les autres espèces prélevées). À ce jour, 37 gabions sont répartis sur la baie (18, côté Bretagne et 19, côté Manche).

Hutteau mobile

Il se base sur le même principe, mais sur des zones prédéfinies, de nuit et de jour. Le hutteau est généralement fait en bois ou résine que le chasseur déplace ou démonte à chaque fois qu’il va chasser auprès de mares sectorisées. Le confort n’est pas de mise, mais vous chassez au plus près du gibier, en tout temps ! Les espèces recherchées sont les anatidés et les limicoles. 12 hutteaux sont établis sur l’Ille-et-Vilaine.⠀

Chasse à la botte

Elle se pratique devant soi et de jour. 2 méthodes existent. La première se fait dans l’eau autour des parcs ostréicoles. Le principe est de suivre la marée (montante ou descendante) en waders et attirer à portée de fusil, à l’aide d’appeaux, les limicoles et anatidés qui longent l’eau. La seconde se fait sur la terre, dans les herbus. À l’aide d’un chien d’arrêt (généralement de grande quête) ou simplement en marchant dans l’herbu, vous levez le gibier qui s’y trouve et le tirez. Ce type de chasse concerne essentiellement les limicoles et les bécassines, très friandes de ces espaces.

La passée

C’est une chasse qui se pratique 2 heures avant le lever du soleil et 2 heures après le coucher du soleil. Ces périodes correspondent aux déplacements des oiseaux entre leur lieu de gagnage et leur remise. Pour cette chasse, il est possible de creuser un trou (attention ! Toléré sur les bancs de sable, interdit dans les herbus) afin de s’y cacher. Le chasseur pose des appelants et/ou des formes autour pour attirer les oiseaux passant à proximité et les tirer.

Et niveau gibier, que peut-on rencontrer en baie ?

Les espèces les plus prélevées sur le DPM (domaine public maritime), sont les sarcelles d’hiver, les canards siffleurs et les colverts. Mais d’autres espèces sont présentes sur la baie tel que canard souchet, pilet, chipeau, milouin, macreuse noire, oie cendrée, huîtrier pie, courlis, chevaliers, bécassines, pluviers, étourneaux, foulques…

Néanmoins, beaucoup d’espèces protégées habitent la baie et sont observées régulièrement par les chasseurs. Une identification et une connaissance de celles-ci sont indispensables afin de chasser dans le respect des règles ! (Gravelot, bécasseau, tadorne de belon, bernache cravant, etc.).


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